des nouvelles nationales

Publié le par amapderoanne

Amapiennement,
Elisabeth Carbone, secrétaire générale du MIRAMAP


Pourquoi se regrouper ? Pourquoi ne pas se contenter de laisser faire ce système qui fonctionne comme un logiciel libre et permet un essaimage rapide du concept ?

MIRAMAP – Représentation nationale
Parce qu’une fois constituée l'AMAP ne peut exister que pour elle-même ; parce que lorsqu’on est amapiens, on adhère non seulement à un groupe de consom'acteurs, mais aussi à la Charte des AMAP et aux valeurs que portent le mouvement des AMAP avec une forte aspiration à une transformation sociale et écologique de la société.
Nous sommes en train, les AMAP, d’expérimenter et de construire ensemble un système agricole alternatif par le maintien et le développement d'une agriculture paysanne, écologique, citoyenne et solidaire. Il faut savoir que face aux enjeux agricoles et alimentaires, les AMAP apparaissent aujourd'hui comme une alternative crédible !
Il nous faut démontrer ensemble qu’économiquement l’AMAP est une forme viable, à développer.
=> nécessité de se regrouper, il faut du « poids » et créer un mouvement d'une certaine ampleur pour être écouté (influence politique).

MIRAMAP et Communication
Parce qu’il y a souvent assimilation du concept d’AMAP avec d’autres systèmes, parfois même avec des intermédiaires, d’où risque de perte de crédibilité (même si d’autres systèmes sont tout aussi respectables que l’AMAP, on ne peut s’appeler AMAP si on n’en respecte pas les valeurs).
=> nécessité de communiquer largement auprès du grand public sur les valeurs de l’AMAP,
Un regroupement national peut créer/partager des outils, communiquer aux médias au niveau national.

MIRAMAP et éthique
=> nécessité d’assurer une cohérence des AMAP à travers le partage d'une éthique commune et de mutualiser des outils pour l’accompagnement au respect de la charte des AMAP (ce que font les réseaux), avec par exemple les Systèmes, ou Démarches, Participatif de Garantie (un peu comme à Nature et Progrès, démarche d’évolution vers une amélioration, en lien paysans et consom’acteurs, et non pas comme une certification, un contrôle). (Travail à faire en partenariat avec les autres structures qui s’intéressent au SPG).

MIRAMAP et Mutualisation
Parce qu’il y a des expériences à mutualiser, des services à partager : informations juridiques, conseils techniques, formation,…
=> nécessité pour les AMAP d’avoir un lieu pour mutualiser les outils, de se coordonner pour partager et organiser des formations, de se rassembler pour apporter de l’aide aux paysans (comme avec les outils de finance solidaire),…

MIRAMAP et Evolution du concept
Parce qu’il y a des réflexions à avoir en commun : évolution de la charte, rétribution équitable du producteur, quelle est la taille « humaine » d’une AMAP ?, comment rattacher cette dynamique aux autres domaines de la consommation responsable (contrats annexes, artisanat,…) ?
=> rencontres nationales, groupes de travail, listes de discussion,…

MIRAMAP - Interlocuteur national
Parce qu’il y a des rencontres et discussions à avoir avec les services de l’état (comme avec le service de la répression des fraudes par exemple).
=> nécessité pour ces structures d’avoir un interlocuteur AMAP au niveau national.

Parce qu’il y a des réflexions et des actions à mener avec des partenaires, non seulement au niveau régional (à faire à ce niveau), mais aussi au niveau national :
- sur le changement de l'agriculture française avec la réforme de la PAC ;
- sur l’accès au foncier ;
- sur la formation à une agriculture alternative (mise en place expériences pilotes, fermes couveuses,…) ;
- sur la sensibilisation du public aux problèmes du monde agricole ; sur l’Agriculture Paysanne, sur l’Agriculture Bio,… ;
- sur le problème des semences et de la biodiversité ;
- sur la transmission des savoir faire ;
- et puis comment essaimer ce concept AMAP (démarche hors de la logique de la loi du marché, partenariat local solidaire) dans d’autres domaines de la société : monnaies locales, énergie,… Comment passer de l'AMAP à l'écorégion ?
=> nécessité d’avoir un interlocuteur AMAP au niveau national pour travailler avec des partenaires tels que : la FNAB (agriculture bio), la Fadear (Agriculture Paysanne), Terre de Liens, Nature & Progrès, Minga, Terres en Ville, le MES (Mouvement de l’Economie Solidaire), Colibris,…


Aujourd’hui, le mouvement des AMAP en France s’organise autour de 4 échelles de pertinence : AMAP, réseau territorial (lorsqu'il existe), réseau régional (lorsqu'il existe) et le Mouvement Inter-Régional des AMAP (MIRAMAP). (Et Urgenci pour le lien international)

Chaque niveau à des missions différentes*, il n’y a pas de hiérarchies entre ces échelles (ce n’est pas une structuration pyramidale) et à chacune de ces échelles, ce sont des personnes (adhérent d'une AMAP ou paysans en AMAP) qui font le lien.
Les décisions se prennent aux échelles les plus pertinentes, selon le principe de subsidiarité, avec une liberté respective.
Et chaque niveau est utile et nécessaire pour répondre à l’objectif principal des AMAP :
maintenir et développer une agriculture de locale de qualité

« Nous sommes dans une période très particulière, nous avons 15 ou 20 ans pour changer le monde ; il n’y a jamais eu cela dans l’histoire de l’humanité.
Ce n’est pas à coup de structures à 40 paniers que l’on va régler le problème »
Conseil d’Orientation du MIRAMAP

Nous devons nous rassembler, partager et mutualiser ; créer des partenariats. Et créer un grand mouvement de masse



* Les missions possibles des différentes échelles
Chacune à sa place et correspond des moyens humains et financiers qui se justifient au regard du type de mission à réaliser.

L’AMAP
- organise et fait vivre le partenariat solidaire entre un groupe de consom'acteur et un paysan ;
- définit les modalités de gestion de ce partenariat ;
- s'engage respecter la charte des AMAP ;
- anime la vie associative et la sensibilisation de ses adhérents ;
- participe, via certains de ses membres, aux réseaux des AMAP (local, régional ou national, selon les envies et aspirations de chacun).
Ce qu'un individu ne peut faire tout seul !

Le réseau local
- organise l'essaimage des AMAP (au plus proche des AMAP) ;
- anime localement le réseau des AMAP (ex. : organisation d'une fête annuelle des AMAP)
- établit des partenariats, localement, sur des projets, des actions, ... (ex. : action dans le cadre du SCOT, collectif de circuits de courts, sauvegarde de terres fertiles, ...)
- participe, via certains de ses membres, à la dynamique régional des AMAP
Ce qu'une AMAP ne peut faire toute seule !

Le réseau régional
- accompagne les paysans en AMAP (ex. : produire des outils, organiser des formations, création d'une ferme couveuse, ...) ;
- apporte des outils aux AMAP et aux réseaux locaux pour l’essaimage (ex. : Gestion d’un centre de ressources ; assurance AMAP, …) ;
- mutualise et met à disposition les actions et réflexions locales ;
- fait la promotion des AMAP au niveau régional ;
- établit des partenariats régionaux (ex : campagne Terre de Liens) ;
- aide à la structuration des réseaux locaux ;
- participe au mouvement inter-régional des AMAP et se fait le relais en région de ses actions
Ce qu’une AMAP ou un réseau local d'AMAP ne peut assurer seul.

Le MIRAMAP
- apporte une mutualisation des réflexions et des expériences entre régions ;
- permet la représentation et la mise en valeur des AMAP au niveau national ;
-veille sur la légalité d'un système AMAP ;
- permet de créer des outils comme le fond de garantie pour paysans en AMAP.
Ce qu’un réseau régional ne peut pas assurer tout seul.




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